30.04.2008
Le mot de la fin ?
En vrac :
- les bonbons au citron, bien chargés en vitamine C tels que le VC-3000, présentent toujours de délicieux effets addictifs ;
- le Pocari Sweat, breuvage pseudo-énergisant, a toujours un goût aussi infect d'aspirine ;
- je préfère largement son concurrent, le calpis, boisson laiteuse et sucrée ;
- je n'ai pas pu m'empêcher de ramener une cinquantaine de sachets de thé d'orge (mugicha). Des volontaires pour y goûter ?
[Considérations félines]
Les chats japonais ont de drôles de petites queues, voire pas de queue du tout. Alors, une espèce particulière à l'île ? Une recherche rapide sur internet ici et là laisse à penser que oui. Ouf !
[Considérations aquatiques]
Tandis que les carpes koi du temple Hasadera (Kamakura) se battent sans ménagement pour des miettes de pain en ouvrant désespérément leur gueule ronde comme des ventouses...
...le poisson-lune entame une danse langoureuse dans les eaux de l'aquarium d'Ikebukuro.

[Considérations musicales]
Ayumi Hamasaki vient de fêter ses dix ans de carrière...et cela se voit et s'entend. Pour ceux et celles d'entre vous qui n'auraient pas la chance de connaître cette blonde décolorée chanteuse à l'extraordinaire voix de fausset, sachez qu'elle me cassait déjà les oreilles il y a huit ans de cela.

[Considérations climato-sismiques]
- En avril les cerisiers étaient magnifiques. Les typhons également. Eh oui ! Pendant qu'il neigeait à Paris, des simili-typhons-plus-vrais-que-nature se sont abattus sur Tokyo. Je rappelle que la période habituelle de ces sympathiques phénomènes météorologiques se situent plutôt à la fin de l'été.
- Les séismes sont quotidiens au Japon mais, bien souvent, le corps humain ne les perçoit pas. A l'exception de deux ou trois secousses telluriques que j'ai pu ressentir, le soir venu. Toujours aussi surprenant et inquiétant.
[Considérations nostalgiques]
Excepté quelques nouveaux gratte-ciel par-ci par-là, Tokyo n'a pas vraiment changé en six ans. Mon très cher quartier, Ôyama, présente les mêmes boutiques et les mêmes restaurants animés. Certes, les Japonais peuvent se montrer un peu plus rebelles qu'auparavant, puisque certains osent maintenant traverser au feu vert (néanmoins toujours sur le passage piétons).
[Remerciements]
Quelques remerciements s'imposent :
- Tamiko pour des karaoke endiablés et son aide inestimable le jour de mon départ ;
- Mes anciens élèves de Yokohama qui ont bien voulu m'accompagner lors de mes périples extérieurs ;
- Aki, Marie et Sachie pour quelques découvertes culinaires ;
- les lecteurs assidus de ce blog ;
- Mon vieux guide Tokyo23ku, sans lequel je n'aurai pu me ballader avec autant de facilité dans les rues de Tokyo.

Finissons ce blog en musique, avec un sommet de la chanson bubblegum pop. Chanson enfouie dans les tréfonds de ma mémoire jusqu'à ce que le karaoke du coin me la fasse de nouveau réécouter. Et en bonus, vous trouverez les merveilleuses paroles de cette chanson ici.
09:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.04.2008
Nikkô, histoire de fantômes japonais
Le temps de quelques jours, éloignons-nous du rythme frénétique de la mégalopole pour nous immerger dans un quotidien fait de lenteur et de douceur. Deux voyages sont à mon programme : l'un tourné vers l'histoire, à Nikkô, l'autre vers le monde de la montagne, à Sekiyama.
Nikkô, petite ville située au nord de Tokyo, dans la préfecture de Tochigi, est connue pour ses temples et ses sanctuaires classés au patrimoine mondial de l'humanité. A la gare, temps inhabituel pour la saison, nous sommes accueillis par un brouillard épais comme de la poix. Duquel pourrait surgir sans crier gare les fantômes des Tokugawa. Car ce sont les shoguns qui sont à l'origine de la construction du plus important des sanctuaires de Nikkô, le Tôshôgû, mausolée du premier de la lignée des Tokugawa, Ieyasu (1543-1616).
Un climat dominé par la brume et le crachin présente cependant un avantage, celui de pouvoir déambuler tranquillement parmi les édifices religieux pour admirer un vieux portail de pierre (torii), des statues bariolées ou encore les sculptures d'une façade richement ornée : beaucoup de touristes ont préféré fuir les lieux, après avoir visité le Tôshôgû.
Les lieux sont parsemés de lanternes de pierre recouvertes de mousse auxquelles s'opposent les ors des temples construits au XVIIe siècle.
Des divinités protectrices, telles que les Ni-ô, gardent les entrées des temples et empêchent par leur présence massive les forces maléfiques de pénétrer dans les lieux sacrés.
Après cette marche frissonnante, direction le gîte (minshuku). Pour nous remettre de l'étrange atmosphère des lieux, un somptueux repas, à base de poissons et de légumes variés nous attend. Sobriété et raffinement de la présentation. Plus tard, le bain permet de délasser le corps fatigué tandis que les ricochets monotones de la pluie se font entendre toute la nuit.
Le lendemain, le petit-déjeuner à la mode japonaise est tout aussi copieux que le dîner. Le temps, doux, permet de partir à la découverte des merveilles naturelles de la région, et tout particulièrement des cascades montagneuses qui rythment notre périple. Celui-ci s'achève par la dégustation de quelques spécialités culinaires qui permettent de dire au revoir en douceur à cette région.
15:36 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.04.2008
Consommer pour vivre ou vivre pour consommer ?

"L'Avare" de Molière, qui se posait déjà de grandes questions existentielles en son temps, aurait été rendu fou par la vie japonaise, et a fortiori par Tokyo, temple mondial de la consommation. Car ici, tout n'est qu'opulence, frénésie et diversité. Et le règne sans partage du client roi. Etayons notre propos.

Commençons par ce que les Japonais appellent les depāto, de l'anglais department store. Si Aristide Boucicaut a "inventé" le grand magasin en 1852 avec le Bon Marché, modèle du "Bonheur des Dames" de Zola, il n'imaginait sûrement pas l'importance que ce concept prendrait dans le futur. Et particulièrement au Japon. Le Mitsukoshi de Ginza, le Takashimaya de Nihonbashi ou encore le Seibu d'Ikebukuro : ces noms vous sont peut-être inconnus mais ici, ce sont de véritables institutions qui alignent sans fin étages et mètres carrés, principalement consacrés aux plaisirs féminins. Rien de bien nouveau par rapport à notre Printemps national, si ce n'est leur taille. De vrais labyrinthes. Et leurs sous-sols, des cavernes gargantuesques dédiées à l'alimentation.

Ici règne une agitation presque palpable. Soin de la présentation : fruits protégés par leur cocon de papier et gâteaux japonais soigneusement emballés dans leur boîte. Diversité prodigieuse des pâtes miso, des thés et des algues. Tout est terriblement attirant pour l'oeil occidental qui ne sait plus où donner de l'iris et de la pupille.

Quittons (à regret) la sphère alimentaire. Direction les Big Camera, Sakuraya et Yodobashi. Là encore des noms étrangers au quotidien européen. Mais pour les passionnés de l'électroménager et de l'électronique, ils signifient une porte ouverte sur les trouvailles les plus ingénieuses. Ou les plus futiles. Toujours sur plusieurs étages. Ventilateurs reliés à l'ordinateur par une prise USB, souris futuristes, ordinateurs microscopiques. Vous l'aviez rêvé ? Le Japon l'a fait.
Pour finir ce survol rapide des enseignes les plus célèbres, visitons un magasin que j'apprécie tout particulièrement, le Tokyu hands. Ici, vous trouverez tout pour votre home sweet home...et bien davantage. Rayonnages de papeterie, figurines de personnages d'animation, masques pour se protéger du pollen, bippeurs qui s'accrochent au portable et font fuir d'éventuels agresseurs, canards baigneurs qui chantent à tue-tête.
En résumé, un endroit pour y perdre délicieusement son temps, un vendredi après-midi. Et dénicher n'importe quoi, comme une magnifique armure miniature de Date Masamune (1567-1636), sur la famille duquel j'ai travaillé lors de mon DEA. Ne jamais sortir dans ce genre d'endroits quand on a décidé de lever le pied sur les dépenses. Et ne pas loucher dangereusement sur ce samourai Vador (taille humaine) que certains d'entre vous sauront apprécier à sa juste valeur.
17:11 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.04.2008
Bric à brac urbain


Ameyokochô (Ueno), l'ancien marché noir de Tokyo, situé le long de la voie ferrée Yamanote. Rhytmée par le passage infernal des trains, la fièvre du commerce semble s'être emparée des passants, confrontés qu'ils sont à l'opulence des étalages qui se pressent les uns contre les autres. Mégaphones hurlants des vendeurs, regards intéressés des passants.

Tranquillité du chemin que j’emprunte désormais le soir, entre Ikebukuro et Ôyama. Un chat sans queue file devant moi, des maisons de briques me regardent passer, des vélos pressés rentrent chez eux. Une musique sans âge accompagne la tombée de la nuit.
Le soir, la mégalopole s’illumine et tient toutes ses promesses de citadelle futuriste.

La tour Landmark, bâtiment le plus haut du pays, se dresse fièrement à Yokohama. Yokohama qui sut profiter de l’arrivée des bateaux noirs du commodore Perry en 1854, lorsque ce dernier força le Japon à s’ouvrir au monde après plus de deux siècles d’isolement.

Shibuya, ses écrans d'image et sa jeunesse survoltée. Shibuya qui brille de mille feux, la nuit venue. Shibuya, ce bijou télévisuel, qui symbolise tant Tokyo, la mégalopole. En apparence, du moins.
Tableau à peine esquissé d'une ville riche de contradictions. Belle et laide. Village et mégalopole.
15:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.04.2008
Sakuramania
Cette année, à Tokyo, la floraison des cerisiers est précoce, ont constaté de nombreux Japonais. La faute au réchauffement climatique qui se fait sentir ici, particulièrement en été ? Peut-être. Quoiqu'il en soit, en retard ou en avance, une floraison de cerisiers, cela ne se loupe pas, parole de Japonais !

Comme vous pouvez l'imaginer, Prunus cerrulata, dit sakura en japonais, ne ressemble guère au bon vieux cerisier qui pousse au fond de votre jardin. Ce cerisier ornemental ne produit pas de cerises. Non, sa principale caractéristique, ce sont ces grappes de fleurs qui s’épanouissent durant le mois d’avril avant de rapidement décliner, emportées par une douce brise printanière.

Mais les cerisiers japonais, ce sont également plusieurs variétés d'arbres. Si les plus courants arborent fièrement de jolies fleurs roses, d’autres s'affichent tout de blanc vêtus. Certains présentent même d'étranges similitudes avec les saules pleureurs, leurs lourdes branches ployant jusqu'à terre.

Ainsi, à peine les fleurs de sakura ont-elles commencé à pointer le bout de leurs pétales que des hordes de Nippons envahissent les parcs et les promenades pour les contempler, les commenter, bref s’extasier devant la magnificence des uns et des autres : en un mot pour faire hanami, de préférence avec une barquette de takoyaki dans une main et une canette de bière dans l'autre. Une vraie fête des sens !

Mais, me direz-vous, comment savoir si les cerisiers vont bientôt fleurir ? Rien de plus simple avec les nouvelles technologies. Il suffit de se connecter sur le site d’un journal comme celui de l’Asahi et de cliquer sur la page "Météo". A côté des prévisions climatiques, prennent place tout un tas d'informations importantes allant des séismes aux typhons, en passant par les feuillages d'automne (momiji) et la floraison des cerisiers. Vous cliquez sur la région de Tokyo, le Kantô, puis sur la ville elle-même : un petit dessin, sur la droite, indique alors l'état actuel des fleurs. Plus rien ne peut vous empêcher de multiplier la contemplation des cerisiers de-ci de-là !

14:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



