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12.04.2008
Consommer pour vivre ou vivre pour consommer ?

"L'Avare" de Molière, qui se posait déjà de grandes questions existentielles en son temps, aurait été rendu fou par la vie japonaise, et a fortiori par Tokyo, temple mondial de la consommation. Car ici, tout n'est qu'opulence, frénésie et diversité. Et le règne sans partage du client roi. Etayons notre propos.

Commençons par ce que les Japonais appellent les depāto, de l'anglais department store. Si Aristide Boucicaut a "inventé" le grand magasin en 1852 avec le Bon Marché, modèle du "Bonheur des Dames" de Zola, il n'imaginait sûrement pas l'importance que ce concept prendrait dans le futur. Et particulièrement au Japon. Le Mitsukoshi de Ginza, le Takashimaya de Nihonbashi ou encore le Seibu d'Ikebukuro : ces noms vous sont peut-être inconnus mais ici, ce sont de véritables institutions qui alignent sans fin étages et mètres carrés, principalement consacrés aux plaisirs féminins. Rien de bien nouveau par rapport à notre Printemps national, si ce n'est leur taille. De vrais labyrinthes. Et leurs sous-sols, des cavernes gargantuesques dédiées à l'alimentation.

Ici règne une agitation presque palpable. Soin de la présentation : fruits protégés par leur cocon de papier et gâteaux japonais soigneusement emballés dans leur boîte. Diversité prodigieuse des pâtes miso, des thés et des algues. Tout est terriblement attirant pour l'oeil occidental qui ne sait plus où donner de l'iris et de la pupille.

Quittons (à regret) la sphère alimentaire. Direction les Big Camera, Sakuraya et Yodobashi. Là encore des noms étrangers au quotidien européen. Mais pour les passionnés de l'électroménager et de l'électronique, ils signifient une porte ouverte sur les trouvailles les plus ingénieuses. Ou les plus futiles. Toujours sur plusieurs étages. Ventilateurs reliés à l'ordinateur par une prise USB, souris futuristes, ordinateurs microscopiques. Vous l'aviez rêvé ? Le Japon l'a fait.
Pour finir ce survol rapide des enseignes les plus célèbres, visitons un magasin que j'apprécie tout particulièrement, le Tokyu hands. Ici, vous trouverez tout pour votre home sweet home...et bien davantage. Rayonnages de papeterie, figurines de personnages d'animation, masques pour se protéger du pollen, bippeurs qui s'accrochent au portable et font fuir d'éventuels agresseurs, canards baigneurs qui chantent à tue-tête.
En résumé, un endroit pour y perdre délicieusement son temps, un vendredi après-midi. Et dénicher n'importe quoi, comme une magnifique armure miniature de Date Masamune (1567-1636), sur la famille duquel j'ai travaillé lors de mon DEA. Ne jamais sortir dans ce genre d'endroits quand on a décidé de lever le pied sur les dépenses. Et ne pas loucher dangereusement sur ce samourai Vador (taille humaine) que certains d'entre vous sauront apprécier à sa juste valeur.
17:11 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
Bonsoir Carine,
Les photos mais aussi les textes qui les accompagnent sont superbes et donnent envie d'en savoir plus... Il faudra plus d'une soirée et plus d'une caïpirinha pour pouvoir appréhender l'ensemble de cette expérience de voyage!
Je t'embrasse - Stéphane
Ecrit par : Stéphane | 13.04.2008
Merci Stephane,
Et je rajouterai : dans une soiree, plus qu'une caipirinha !
Bises.
Ecrit par : Nagumo | 14.04.2008
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