« J - 1 | Page d'accueil | Rendez-vous à Tsukiji »

27.03.2008

Saveurs et odeurs


Dégustation en compagnie d’une amie de quelques friandises indiennes, épicées comme se doit de l’être toute spécialité indienne. Dix-huit heures, c'est le moment de partir. Pour cause d’avion bondé, je suis installée dans la catégorie supérieure, la "Premium economic class". La chance est de mon côté : peut-être arriverai-je à dormir convenablement dans le Boeing.

88188640.jpg

11h25 de vol plus tard. Peau sèche, yeux rouges et irrités, cheveux défaits. C’est en apprenant qu’un méchant Japonais, avec une vraie tête de criminel comme on n’en fait plus, est toujours recherché pour le meurtre ancien d’une Anglaise, que je débarque à l’aéroport de Narita, à moitié réveillée et de mauvais poil. Immigration, bagages, formalités douanières, lecture des panneaux indicateurs. Comateuse attentive, je ne percute pas que je suis enfin arrivée au Japon. Ni les visages, ni la langue, ni les lieux n'arrivent à se frayer un chemin en moi. Jusqu’à ce que je monte dans le train express pour Nippori. Une chose vient de me surprendre : l’odeur. L’odeur du train. Puis, l’odeur de la pension. Certaines odeurs de bouffe qui s’échappent des bars à boire. L’odeur et son pouvoir de réminiscence, plus puissant que celui des images et des sons. D’un coup, c’est toute l’atmosphère d’une vie enfouie dans les tréfonds de ma mémoire qui vient me frapper en pleine figure.

1438447142.jpg

Nippori. Ikebukuro. Ôyama. Le trajet, savamment balisé, emprunte plusieurs lignes de train. Et c’est après avoir monté des escalators, emprunté un ascenseur et descendu des rampes inclinées pour ménager mon pauvre dos, que je parviens à ma petite pension. Bon, les vélos, cette plaie asiatique du piéton occidental pour cause de conduite dangereuse, sont toujours aussi envahissants, mais c’est plus moderne. Le Wifi fonctionne, la robinetterie, élément ô combien essentiel du quotidien, est flambante neuve. Et surprise, j’occupe la même chambre qu’il y a six ans. La 3B. Présence incongrue d’une énorme télévisionen 16/9 dans ce petit espace.

1640758691.jpgAprès quelques achats qui me permettent de vérifier mon sens de l’orientation, je me décide à aller dîner. Je veux manger des sushi. Tout de suite. J’ai repéré dans l’allée commerçante, près de la gare, un kaiten-zushi, ces restaurants où des sushi sont servis sur un plateau tournant. Saveur fondante d’un saumon bien gras, tendresse croquante d’un poulpe. Neuf assiettes plus tard, je vous présente un uzura-nattô : du nattô accompagné d’un oeuf de caille. Délice des aliments combinés les uns aux autres. Après une douzième assiette, je quitte à regret ce temple du poisson. Mais en quête de sucré, je décide de m’arrêter dans une boutique tenue par une petite vieille pour goûter un Dômyôji : une pâtisserie en provenance du Kansai à base de mochi (pâte gluante de riz), enroulée d’une feuille de cerisier.
Je crois que je vais apprécier mon séjour.

Commentaires

Quel délice de lire tes billets après un déjeuner bien fade en comparaison. Jamais lecture n'a eu autant de saveur, et n'a évoqué avec autant de justesse les parfums et les goûts des spécialités nipponnes. Merci de faire vivre par procuration tes expériences et tes sensations de voyage.
Vite, un Naniwa-ya pour supporter tout cela !!!

Ecrit par : Marjorie Basuyau | 28.03.2008

Merci de ton commentaire, Marjorie ! ;-)
Un naniwa-ya, accompagné de quelques takoyaki au retour ?
Bises.

Ecrit par : Nagumo | 29.03.2008

Ecrire un commentaire